Prendre un café

C'est passer du temps horizontal à l'axe vertical C'est se dissoudre à la croisée des chemins Espérer rejoindre l'éternité L'immensité insondable S'arrêter Arracher au présent le présent S'installer dans le temps non compté Au centre de la croix Attendre la poésie Et le pain béni Enfoui À jamais Dans les décombres de la vie
Célie
Photo de Matt Seymour Unsplash
Zone de flou
Je descends doucement l’escalier de ma zone de flou. Au bout de trois marches. Je n’y vois plus rien. L’envie de faire demi-tour est déjà là mais si je sais à peu près ce qui m’attend à l’air libre, j’en connais moins sur les zones d’ombre. Je prends ma lampe de poche et un biscuit sec dans ma besace, ma gourde clapote au fond du sac, et comme au temps du club des cinq, je pars en expédition. A la lueur de ma lampe torche, j’entrevois des murs taillés dans la roche suintant d’humidité et recouvert par endroit de mousse. Je sais que dans l’aventure de mes compagnons de la bibliothèque rose, tout se termine bien après d’intenses péripéties. Je continue donc, vaillante.
Un brouillard chaud commence à m’envelopper et je perçois le clapotis d’une source probablement. Me dis-je. Il commence à faire très chaud. Et je continue de descendre dans les profondeurs. Sans doute, je me rapproche de lave en fusion. Tout se déstructure autour de moi et redevient à l’état gazeux des origines. Quand il n’y avait rien. Absolument rien. Ma zone de flou me propulse il y a quatorze milliards d’années, naissance de l’univers. Quelque chose apparait plutôt que rien. Bien avant que les atomes ne se structurent en matière. Bien avant l’apparition de la vie. Mon flou serait donc la question humaine existentielle de la place de l’homme sur terre. J’en ai assez d’être dans cette nébuleuse. Je ramasse une roche volcanique, je remplis ma gourde d’eau sulfureuse bouillonnante et fière de mon butin, je rebrousse chemin. C’est donc de là que je viens, d’un assemblage moléculaire. Je regrette mes cours de chimie qui auraient pu mettre un peu de lumière sur cette obscurité. Je mange le dernier biscuit sec et je remonte les marches de pierre qui me conduisent jusque dans ma rue par un soupirail jamais vu jusqu’alors.
Je vais montrer mon trésor aux enfants pour illuminer leur pupilles. Je vais leur dire qu’avec une baguette magique, on peut aller où on veut et revenir. Même dans les marécages les plus incertains. Mais ce qui est vraiment bien. C’est à la fin. Quand on rentre chez soi, des pièces d’or au fond du sac, des pépites au creux des mains.
Célie
Carré magique
Dans le lieu qui lui appartient, il hiberne chaque hiver. Et puis, un jour, en mars, les premiers rayons de soleil passent en oblique au-dessus du faîte de l’immeuble d’en face ; et la lumière rejoint son parquet. Je me demande s’il n’a pas choisi intentionnellement l’obscurité hivernale de son appartement afin de pouvoir, mois après mois, incarner le rythme des saisons. Ce contraste de clair obscur devient une réalité temporelle et loin de s’y opposer, il fait tournoyer le noir et le blanc, le ying et le yang.
Inutile d’avoir en abondance, le peu suffit. Mais savoir où poser ses yeux. Il pose les siens ce matin sur ce carré de lumière déposé sur le parquet et il contemple cette énergie cosmique grâce à laquelle, rappelons-le, nous pouvons prétendre à exister. La douceur de la contemplation arrête la course folle des successions mais ne peut se suffire à elle-même. Vient le moment où les minutes nous appellent à l’exaltation, à la création, au souffle. Vient le temps du fourmillement dans les jambes, du désir de bouger, de rejoindre l’agitation du monde des hommes. Le simple instant du premier rayon de l’astre solaire ne peut remplir une vie, il est la vie même à emmener partout au fond de son cartable, de son sac de sport, de sa valise, de son attaché-case, de son sac-à-dos, de son igloo. A ressortir par temps froid et humide pour déglacer nos articulations ankylosées.
Il s’aperçoit qu’imperceptiblement, le carré lumineux s’est déplacé sur le plancher. Ainsi, les planètes continuent-elles leurs courses à notre insu et nous fond de discrets clins d’œils permanents pour nous dire qu’elles sont là. Il pensait, orgueilleusement humain, que la destinée s’était suspendue un instant juste pour lui. Mais il n’est qu’une infime poussière d’étoile. Une singularité. Des milliards de possibles.
Célie
Poème : un secret… Chut !!!

« Que caches-tu dans le creux du creux du creux ? »
Ce que je cache ? Mais c’est une flamme. Une toute petite flamme qui tangue en permanence ; qui vacille, qui repart, qui flamboie, qui s’éteint puis renaît de ses cendres. Ce que je cache, c’est le bruit de la mer et l’infinitude de l’océan. Ce que je cache c’est un poème ; ce sont des vers de Rimbaud. Ce que je cache c’est du terreau, du labeur et des mots. Je crois qu’un secret est beau. Je crois que c’est pour cela que je le cache. Juste pour toi. Seulement pour toi. Pour celui qui sait voir à travers la pierre, pour celui qui sait entendre le mot au delà des mots.
Célie
Il Elle lit, nous aussi , on s’assoie sur la branche du dimanche nuageux et son vocabulaire, sans rien dire , des âmes voguent souples dans l’air à respirer. Quel silence … Les Ron -ron du chat siamois nous
mettent en boule sur le tapis rêveur où s’étire au contraire la langueur animale, une rose de ses pétales vient caresser mes yeux , c’est un autre langage ,une langue d’un autre âge au vacarme lointain traversé de murmures qui chantent sur les murs des désirs épanouis. Et de plaisir on rit, on gronde .on s’ émerveille, des idées folles s’enlacent, mettent le puce à l’oreille et le voilà marchant sur le quai du départ,avec sur l’épaule un sac plein de hasard…
Ces textes sont très agréables à lire
Ils nous emportent vers des réflexions et même de la méditation …
Je ne sais pas si j aurai de l inspiration ?? Je vais me laisser faire …
Merci et bravo pour cette initiative