Le croissant du trottoir

La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules Philippe Delerm

On s'est réveillé le premier. Avec une prudence de guetteur indien on s'est habillé, faufilé de pièce en pièce. On a ouvert et refermé la porte de l'entrée avec une méticulosité d'horloger. Voilà. On est dehors, dans le bleu du matin ourlé de rose : un mariage de mauvais goût s'il n'y avait le froid pour tout purifier. On souffle un nuage de fumée à chaque expiration : on existe, libre et léger sur le trottoir du petit matin. Tant mieux si la boulangerie est un peu loin. [...] On se surprend à marcher sur le bord du trottoir comme on faisait enfant, comme si c'était la marge qui comptait, le bord des choses. C'est du temps pur, cette maraude que l'on chipe au jour quand tous les autres dorment. 

Une réflexion sur « Le croissant du trottoir »

  1. En lisant les instants (écrits par Philippe Delerm dan son livre « la première gorgée de bière ») j’ ai ressenti ces plaisirs simples qui ponctuent une vie, ma mémoire ma mémoire les avait bien gardés et un mot, une image, une expression les a fait ressortir encore vivants.

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