Janet Frame Ma terre, Mon île
Un jour Poppy me demanda si j’aimerais lui emprunter son livre préféré qu’elle gardait dans la buanderie au milieu d’un amoncellement de trésors au fond d’un vieux tonneau de bière. « Ce sont les contes de Grimm », dit-elle. Je n’en avais jamais entendu parler, mais je dis que, oui, j’aimerais beaucoup le lui emprunter. Et le soir même, j’emportai les Contes de Grimm au lit et commençai à lire, et tout à coup le monde du réel et le monde du livre se mêlèrent comme jamais auparavant. « Écoutez », dis-je à Myrtle, Dots et Chicks. Je leur lus « Le bal des douze princesses », et les voyant m’écouter, je sus comme elles, avec ravissement, que nous étions les Princesses -non pas douze mais quatre ; et tout en lisant, je vis en esprit l’endroit exact à l’intérieur du placard dans l’angle de la chambre où nous pouvions disparaître, rejoindre le monde souterrain […].









