Comme un roman

Daniel Pennac

Photo Célie

Que tous ces bâtons, ces boucles, ces ronds et ces petits ponts assemblés fissent des lettres, c’était beau ! Et ces lettres ensemble, des syllabes, et ces syllabes, bout à bout, des mots, il n’en revenait pas. Et que certains de ces mots lui fussent si familiers, c’était magique !

Maman, par exemple, maman, trois petits ponts, un rond, une boucle, trois autres petits ponts, un deuxième rond, une autre boucle, et deux derniers petits ponts, résultat : maman. Comment se remettre de cet émerveillement ?

Il faut essayer d’imaginer la chose. […]

Bref, un beau matin, ou un après-midi, les oreilles bourdonnant encore du tumulte de la cantine, il assiste à l’éclosion silencieuse du mot sur la feuille blanche, là, devant lui : maman.

Une réflexion sur « Comme un roman »

  1. Quelle magie !!!
    Nous avons oublié le pouvoir merveilleux des mots qui font voyager notre pensée sans péage.

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